Revue de Presse

Victimes et justice

Par 2 mars 2019 juillet 17th, 2019 No Comments

Dans les pays occidentaux, les victimes d’infractions pénales ont désormais des droits ; en France depuis l’entrée en vigueur de la loi du 15 juin 2000.

Mais la médiatisation des faits divers peut perturber la sérénité de la justice : « Circonstances atténuantes et principe d’individualisation des peines s’effacent au profit de sanctions lourdes, quasi automatiques ». En outre, il arrive [rarement, espérons-le] que des victimes soient de mauvaise foi, comme le montre l’erreur judiciaire dont a été victime M. Loïc SÉCHER, un ouvrier agricole accusé mensongèrement de viol.

L’idée s’est installée « qu’il faut trouver un coupable, même lorsqu’il n’y en a pas », sans considération sérieuse des chaînes causales, comme le montre la mésaventure subie par un élu local, accusé d’être responsable des inondations causées par la tempête « Xynthia », survenue en 2010 sur la côte ouest de la France.

[Cet article a été rédigé à partir de l’ouvrage : La stratégie de l’émotion, éd. Lux, Montréal, 2018.]

Source : Le Monde diplomatique (mars 2019 – page 27)

Depuis une quinzaine d’années, la tendance consiste à accorder la priorité au pénal : en cas d’accident, notamment dans les transports, ce qui aurait dû rester un litige civil (indemnisation des victimes par les compagnies d’assurances), devient une affaire pénale (coups et blessures, négligence ayant entraîné la mort d’autrui, homicide involontaire).

La profession de l’auteur de l’infraction est aussi un critère pour les juges : la justice manifeste peu d’empressement à enquêter dans les copropriétés d’agents de l’État (policiers, gendarmes, magistrats, services spéciaux), lorsque la victime de d’infraction n’est pas un agent de l’État. Les fonctionnaires fautifs déménagent, voilà leur seule sanction ; la victime n’est pas indemnisée et même placée en garde-à-vue pour la faire taire, pendant six mois s’il le faut, comme c’est déjà arrivé à Maisons-Alfort.

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