Début novembre 2025, la presse nous apprenait que deux policiers ont été placés sous contrôle judiciaire.
On leur reproche d’avoir heurté intentionnellement, avec leur véhicule de service, un motard qui circulait sur l’autoroute A4 à proximité de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), le 14 octobre 2025, et de s’être éloignés ensuite rapidement.
L’incident a été filmé depuis une voiture qui circulait à proximité.
Le motard ayant porté plainte, l’affaire a été examinée par le tribunal correctionnel de Créteil, lors de l’audience du 1er décembre 2025. Le procureur a requis dix-huit mois de prison avec sursis.
Le jugement a été rendu le 18 décembre 2025. Le tribunal de Créteil a condamné les deux policiers à trois ans de prison avec sursis et à une interdiction d’exercer la profession de policier pendant un an.
L’avocat d’un des deux policiers a indiqué son intention de faire appel.
Sources (sites web) :
[https://]www.francebleu.fr (article du 18/12/2025 à 18h01)
[https://]www.lefigaro.fr (article du 18/12/2025 à 15h42)
[https://]www.lefigaro.fr (article du 02/12/2025)
Le tribunal était présidé par Mme Joëlle NAHON, subitement soucieuse de préserver les intérêts des parties civiles. Elle était moins compréhensive lorsqu’elle était juge d’instruction.
Le motard a eu de la chance : un bienfaiteur inconnu a bien voulu lui communiquer la vidéo de l’incident. Sans cet élément de preuve, la partie civile aurait été bien embarrassée. Selon le tribunal, la vidéo est crédible et démontre l’intentionnalité de l’infraction. Le tribunal admet donc implicitement que les citoyens ont le droit de filmer des policiers dans l’exercice de leurs fonctions.
On peut alors supposer que l’on aussi a le droit de décorer la voiture dont on est propriétaire comme on le souhaite.
L’infraction pénale a été commise le 14 octobre 2025. Le jugement de premier ressort a été rendu le 18 décembre 2025, donc deux mois plus tard. Pour une fois, le délai de jugement a été très bref. Dans d’autres juridictions, après dix années de procédures diverses, les jugements sont reportés « sine die », sans motif connu.
L’infraction prévue à l’article 432-4 du code pénal (garde à vue dont la durée réelle est supérieure à huit jours) est facile à prouver, puisqu’il y a des traces écrites. Mais lorsque cette infraction a été commise, le tribunal judiciaire de Créteil ne sanctionne pas les auteurs de l’infraction dans un délai de deux mois. Il préfère classer l’affaire. Ce n’est pas facile de condamner des collègues à trente ans de réclusion criminelle.