Tricheries

LA FRAUDE DANS LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Par 21 mai 2019 juin 21st, 2019 No Comments

La recherche scientifique devrait être fondée sur la pensée rationnelle, l’objectivité, la logique, le respect des faits, l’attachement aux règles qui régissent les procédures expérimentales, la considération due aux découvertes faites par autrui.

Mais ces grands principes ne sont pas toujours mis en application. Lors de l’acquisition de connaissances nouvelles, les scientifiques sont guidés non seulement par la pensée rationnelle, la logique et l’objectivité, mais aussi par des facteurs non rationnels tels que les préjugés personnels, l’arrivisme et la propagande.

Dans les annales de la science, la supercherie est plus courante qu’on ne le croit souvent : des cas de fraude (manipulation de données, plagiat) ont été détectés et décrits dans divers ouvrages.

Les cas les plus cités dans cette documentation (livres, sites web) sont les suivants.

  • a) Affaire William T SUMMERLIN (mars 1974). Des greffes de peau entre souris étaient imaginaires : avec un feutre, l’expérimentateur peignait des taches noires sur le pelage des souris blanches.
  • e) Affaire affaire Vijay SOMAN (février 1980) : un jeune chercheur plagiait les articles scientifiques rédigés par d’autres chercheurs ; son supérieur hiérarchique s’est vu reprocher son inaptitude à détecter cette fraude.
  • f) Affaire Elias A K ALSABTI (juillet 1980) : le « chercheur » inventait des travaux en réalité non réalisés, ou effectués par d’autres.
  • b) Affaire John DARSEE (mai 1981) : des bases de données étaient plagiées.
  • c) Affaire Robert GALLO (mai 1984) : un chercheur et son équipe s’étaient attribués une découverte faite par un autre laboratoire.
  • d) Affaire David BALTIMORE (1985) : des données incomplètes auraient été validées lors de publications. Le chercheur qui avait découvert cette négligence a vu sa carrière professionnelle bloquée pendant dix ans.

Les cas de fraude soulèvent plusieurs problèmes : la motivation des fraudeurs et l’inadaptation des structures de contrôle.

En ce qui concerne les intentions des fraudeurs, les explications suivantes ont été proposées.

Le phénomène de l’illusion personnelle : lors d’une expérimentation, les chercheurs définissent un objectif ; même de bonne foi, ils ont tendance à voir ce qu’ils désirent voir, d’où un risque de manipulation des données.

La résistance aux nouveautés : la découverte de nouvelles théories dérange les mandarins adeptes des anciennes théories (un exemple, parmi d’autres : le médecin Ignac SEMMELWEISS avait découvert, sans pouvoir l’expliquer, que le fait de se laver les mains avant chaque intervention chirurgicale entraîner une forte baisse de la mortalité chez les parturientes).

Le besoin de se mettre en valeur : dans la société actuelle, la relation artisanale maître-apprenti se trouve souvent dénaturée ; en particulier, dans la science contemporaine, les chercheurs sont membres anonymes d’une équipe. Un laboratoire est une usine à recherche, une usine destinée à la production en masse d’articles scientifiques. Le directeur de laboratoire échange son appui et des engagements ponctuels contre le droit de s’approprier le mérite des réalisations de ses subordonnés. « Si l’on n’est pas correctement dirigé [dans une structure d’apprentissage], c’est qu’il y a quelque chose qui ne marche pas dans le système ».

Quant aux difficultés à détecter les fraudes.

Dans toute opération, médicale ou autre, celui qui supervise les opérations doit déléguer de nombreuses tâches, ce qui exige une confiance absolue dans le comportement des collaborateurs.

Reconnaître l’existence d’une fraude jette un discrédit sur la corporation concernée, et risque de révéler que les mécanismes sociaux de lcette corporation sont conçus pour promouvoir le carriérisme : toutes les corporations (pas seulement les scientifiques) ont ainsi tendance à préférer l’étouffement des affaires plutôt que la transparence.

Bibliographie sommaire :

  • William BROAD & Nicholas WADE, Betrayers of the Truth : Fraud and Deceit in the Halls of Science, éd. Simon & Schuste, New-York, 1982 (version originale)
  • William BROAD & Nicholas WADE, La souris truquée, éd. du Seuil, coll° Points, mars 1994 (traduction française de l’ouvrage précédent)
Sites web :

  • [https://]www.nytimes.com
  • [https://]www.ncbi.nlm.nih.org (article « Research misconduct : the poisoning of the well »)
  • [https://]en.wikipedia.org (article « Betrayers of the Truth » – version du 10/07/2016)
  • [https://]www.encyclopaedia.com (article « Misconduct in Science : Biomedical Science Cases »)